Jardinage Naturel

Les nutriments de nos plantes ?

Table périodique des éléments : Les Ateliers en Herbe

Les nutriments de nos plantes ?

Dans mon article précédent, j’ai commencé à vous parler de la vie microbienne dans le potager en lasagne. Avant de se lancer dans une description technique de la vie microbienne, il me paraît opportun de connaître les nutriments de nos fruits et légumes.

118 éléments chimiques de la classification périodique composent notre univers. Les végétaux se nourrissent d’atomes et de molécules. Nos plantes ont la particularité de prélever leur nourriture dans l’air par les feuilles et dans le sol grâces aux racines. Les feuilles captent les molécules très légères et mobiles de l’air qui fournit 95% des nutriments à la plante. Les racines utilisent les molécules lourdes du sol et peu mobiles qui représente que 5% des nutriments.

L’air fournit des nutriments en quantité…

Une cuillère de terre et vie microbienne : Les Ateliers en Herbe
Une cuillère de terre et vie microbienne : Les Ateliers en Herbe

Le carbone et l’hydrogène couvrent 88% des besoins des végétaux captés lors de la photosynthèse. Les végétaux sont de grands consommateurs de gaz carbonique (CO²) qu’ils transforment en sucre. L’hydrogène (H) correspond à environ 6% des besoins et il provient de la décomposition de l’eau de pluie qui est absorbée par le tissu de la plante ; l’oxygène de l’eau est libérée dans l’atmosphère. L’azote (N²) contenu dans l’air est transformé par les micro-organismes vivant dans la rhizosphère afin d’être disponible pour les végétaux. L’humus est une interface (étape de transformation) entre le sol et la plante qui permet l’assimilation de l’ammonium (2NH4+) ou du nitrite (NO2) et du nitrate (NO3).

Les éléments prélevés dans l’atmosphère y retourne simplement par transpiration et respiration.

La Nature est bien faite car la plante sollicite davantage d’éléments contenu dans l’air, carbone, hydrogène qui sont en quantité supérieure dans à l’atmosphère terrestre. De plus, la vie a rendu possible grâce la complexité du filtre d’absorption que les plantes ont crée pour l’alimentation sélective des végétaux : au niveau des racines et des feuilles.

Le sol fournit des nutriments en qualité..

Les plantes ont besoin de 32 à 34 éléments nutritifs différents dont 16 seraient indispensables. Les éléments nutritifs se trouvant dans le sol se décomposent en 2 groupes : les éléments constitutifs et les éléments non-constitutifs qui ne servent que durant la phase pré-floraison.

Les nutriments non-constitutifs.

Les nutriments non-constitutifs de la plantes sont des ions monoatomiques chargés électriquement : le chlore (cl-), le potassium ( k+), le sodium ( Na+), le lithium (Li+), le rubium (Ru+), et le césium (Cs+). Seul le chlore et le potassium sont consommés en quantité importante avant leur floraison. Ces ions sont directement assimilés par la plante sous forme d’atome. Ces éléments séjournent dans le végétal mais ils n’y restent pas. Ils sont rendus au sol après la floraison. Le retour à la terre de ces éléments chimiques est maximisé par le dessèchement puis la décomposition de la plante sur place…

Du point de vue de la fertilisation :

Si ces éléments ne retournent pas à la terre par la décomposition de ma matière végétale (compostage de surface par exemple) ou s’ils sont absents dans le sol d’origine, il est important d’en apporter grâce à notre technique de jardinage. Par exemple, nombreux sont les légumes cueillis avant floraison, il est important de compenser ces pertes pour l’homogénéité du sol. Le compostage de surface peut être une solution directe. Le compostage classique en est une autre, en nourriture pour la basse-cour si l’excrément produit retourne à la terre.

Les nutriments constitutifs.

Table périodique des éléments : Les Ateliers en Herbe
Table périodique des éléments : Les Ateliers en Herbe

Les éléments constitutifs sont utiles à la composition de la plantes : protéines, glucides, lipides, acides nucléiques. Ces éléments du sol sont assimilés par les végétaux après oxydation ou chélation grâce à l’action des micro-organismes. C’est le rôle des microbes du sol. Le phosphore est oxydé en phosphate, le soufre en sulfate. Le fer, le manganèse, le molybdène sont chélatés. Cette transformation constitue des molécules très complexes grâce à l’action des acides : humique, organique, acétique. La vie microbienne produit de nombreux nutriments indispensables d’où l’importance de la préserver et de l’entretenir. Et sans les microbes du sol, il n’y aurait pas de plantes telles que nous les cultivons.

Le forçage chimique pour produire davantage n’est qu’une vision réduite car il provoque la fatigue des sols. D’où l’importance d’un approche biologique (vie microbienne) et physique (structure des sols, capacité d’échange, etc) de la fertilité des sols afin de cultiver en bon père de famille comme les paysans le pratiquaient par le passé.

Et l’eau dans tout ça ?

L’eau sert de moyen de transport pour les nutriments disponibles dans le sol. L’eau est captée par les poils absorbants du système racinaire et/ou la plante développe un partenariat symbiotique avec un champignon mycorhizien. Les mycorhizes sont des champignons microscopiques qui vivent en symbiose avec les végétaux au niveau racinaire. La symbiose signifie qu’il s’opère un échange équilibré et favorable aux deux parties : le champignon et la plante. Du point de vue du champignon, les exsudats de la plante lui permettent de vivre sous terre des conditions difficiles notamment privé de lumière. Les sucres résultant de la photosynthèse sont disponibles dans le système racinaire de la plante, les mycorhizes y trouvent un élément qui n’ont pas la capacité de synthétiser . Du point de vue de la plante, le champignon mycorhizes libèrent des substances nutritives directement assimilables par les racines. Mais pas seulement : les études montrent que par le développement ces champignons équivaut à un déploiement des racines de 800 fois la rhizosphère pour les plantes. Ces champignons sont de véritable pompes à nutriment et l’eau est le moyen de locomotion de ses nutriments. Les mycorhizes jouent un rôle essentiel dans l’état sanitaire de la plante car bien nourrir la plante se développe mieux, produit davantage et elle est mieux armée pour lutter contre les maladies.

Travailler le sol en le retournant détruit les hyphes fongiques des mycorhizes, prive les plantes de la pompe que constitue cette symbiose. Sans compter que la vie microbienne de la litière se retrouve en anaérobie et meurt…

Que mangent nos plantes ? Voici une question à laquelle nous devions savoir répondre pour comprendre le rôle essentiel de la vie microbienne : la micro-faune et la micro-flore…

Franck des Ateliers en Herbe.

 

2 réflexions au sujet de « Les nutriments de nos plantes ? »

  1. Salut Romain
    Effectivement jardiner sans abîmer les sols mais en les nourrissant et en cultivant sur plusieurs niveaux
    Verticaux et horizontaux afin de créer de l’abondance , cela se pratique déjà un peu partout dans le monde, le nom de permaculture revient souvent mais déjà depuis longtemps l’agriculture paysanne,
    Les jardins des curés,des monastères ,les jardins créoles et pardon pour tout ce que j’oublie pour faire court, fonctionnaient plutôt bien.
    La permaculture bien menée est payante également pour la régénération des sols et de la biodiversité .
    Amitiés à tous

  2. Bonjour je viens de lire votre article qui est fort intéressant (je vous remercie pour ce petit plaisir qui m’a été offert en le lisant). Porté par une question qui me tourne dans la tête, j’oses espérer que vous saurez y répondre:

    Lorsque l’on regarde l’augmentation croissante du nombre d’être humain sur la terre et donc en parallèle la constante augmentation du nombre de ressources alimentaires qu’il est nécessaire de produire, l’appauvrissement des sols qui est a éviter, etc. (Veuillez m’excuser pour mon manque de savoir, je ne me suis pas vraiment renseigné sur la question)
    Ne serait-il pas possible de produire et d’implanter d’une manière ou d’une autre ces nutriments (principalement ceux venant du sol et de la même manière contrôler l’action des micro-organismes qui jouent un rôle important dans le développement des plantes) dans un sol spécialement prévu pour cet action, afin d’augmenter les capacités de production sans utiliser d’engrais ou de produit de la sorte. Selon mon hypothèse il serait alors possible de cultiver 365 jours/365 sans risque d’appauvrissement des sols, puisque les nutriments seraient toujours en apport extérieurs par l’homme. Je ne pense pas a une quelconque action des OGM car selon mon hypothèse les aliments produits et les plantes en générales issues de cette technique seraient « naturels ». En effet on ne toucherait pas aux plantes mais bien aux nutriments.

    Comme je vous l’ai dit plus haut, je ne me suis pas renseigné sur la chose alors je vous présentes de sincères excuses d’avance pour vous avoir fait perdre votre temps dans le cas où cela existe déjà.

    Néanmoins je vous remercie d’avoir prit le temps de me lire, et j’attend impatiemment votre réponse.
    Cordialement

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