Pourquoi ? Comment ?

Décodage des Etiquettes des Produits Cosmétiques, un exercice improbable !

Décodage des étiquettes des produits cosmétiques, un exercice improbable !

Comme nous l’avons abordé dans les articles « Faire ses produits maison », il est impératif d’apprendre à décoder les étiquettes pour connaître le plus précisément possible la nature et l’origine des produits que nous appliquons sur la peau.

Avant de faire un tour d’horizon, il est utile de rappeler quelles définitions :

Produit cosmétique : toute substance ou préparation destinée à être mise en contact avec les diverses parties superficielles du corps humain, notamment l’épiderme, les systèmes pileux et capillaire, les ongles, les lèvres et les organes génitaux externes, ou avec les dents et les muqueuses buccales, en vue, exclusivement ou principalement, de les nettoyer, de les parfumer, d’en modifier l’aspect, de les protéger, de les maintenir en bon état ou de corriger les odeurs corporelles. (source: article L.5131-1 du code de la santé publique – mise à jour 28/08/2010).

Ingrédient : matière brute ou produit déjà élaboré entrant dans la composition du produit fini.

Ingrédient issu du mode de production biologique : ingrédient certifié « agriculture biologique » selon le règlement CE n°834/2007 et ses règlements d’application.

Ingrédient en conversion vers l’agriculture biologique : ingrédients produits certifiés « en conversion vers l’agriculture biologique » selon le règlement CE n°834/2007 et ses règlements d’application.

Ingrédient naturel : ingrédient provenant directement de la production agricole ou de la cueillette.

Ingrédient d’origine naturelle : ingrédient à base d’ingrédient naturel transformé par un procédé mécanique comme le broyage, la centrifugation, la filtration et purification (ultra filtration, cristallisation, échanges ioniques), la lyophilisation (sous vide à 72°), les mélanges, la percolation, la pression à froid, le séchage et dessiccation (douce, solaire), la stérilisation douce (t° minimale pour conserver un maximum de principes actifs), le tamisage, ou chimique ou physique simple comme la lixiviation, la digestion, la macération, la distillation, la pression, l’évaporation, l’extraction au CO2 ou hyperfréquence (micro-onde), l’alkylation (groupement alkyl issu du végétal), l’amidation, l’arbonisation (résines, matières grasses), la condensation avec élimination de l’eau, la cuisson, la distillation à la vapeur d’eau, l’estérification, l’expression, l’extraction alcoolique (éthanol) et hydro alcoolique, la fermentation, la glycosydation et l’hydratation.

Décoder les étiquettes est un parcours du combattant, un travail de fourmis, tant les fabricants soutenus par la législation brouillent les pistes :

  • les substances utilisées sont très nombreuses, les produits cosmétiques peuvent contenir des centaines de composés.
  • les appellations des ingrédients sont difficiles à retenir avec des noms barbares : acrylates copolymer, prunus amygdalus dulcis, trihydroxystearin, etc,
  • la réglementation International Nomenclature of Cosmetics Ingrédients impose aux fabricants de mentionner sur l’emballage par ordre décroissant de leur concentration les principaux ingrédients et seulement les 5 principaux. Au delà des 5 premiers ingrédients les plus concentrés, l’ordre doit être respecté mais pas le rang. Cela signifie que vous pouvez lire en 6ième position la présence de la substance X mais qu’en réalité, il s’agit d’une concentration de 10ième rang voire plus. Dans ce cas, le fabricant ne mentionne pas les substances dont les concentrations sont au rang 6, 7, 8, 9. Pourquoi ? Simplement pour des raisons de marketing car la substance N°10 qui apparaît au sixième rang sur l’étiquette présente un fort attrait pour l’utilisateur et un intérêt marketing pour le publicitaire. Ainsi vous pouvez acheter un baume à l’aloé véra qui contient qu’une concentration infime de ce principe actif. A tel point que le doute devrait vous envahir ! De plus le lobbying des industriels a réussi à faire reculer la mise en service de cette réglementation, les substances ont peine à se faire recenser.
  • les quantités employées ne sont pas renseignées sous le couvert du secret industriel,
  • la provenance géographique est souvent inconnue ce qui pose deux problématiques. Certains ingrédients peuvent faire le tour du monde pour se retrouver dans un produit bénéficiant d’un label écologique. Voici une aberration ! Ensuite pour des raisons économiques, le terroir (combinaison nature du sol, température, pluviométrie et ensoleillement) de la plante ne peut ne pas être respecté. Afin d’obtenir le meilleur principe actif pour une plante méditerranéenne, il faut la produire autour de la Méditerranée et non dans un pays ne respectant pas ce terroir au bénéfice d’un coût de production moindre.
  • l’appellation « naturel » n’est pas encadrée ce qui permet à certains fabricants de surfer sur cette vague du « marketing vert »…

Saluons le travail de ces personnes ou organismes qui participent à la collecte et au traitement de ces informations. Vous avez à votre disposition sur internet plusieurs sources d’information dont l’Observatoire des Cosmétiques et le site http://www.beaute-test.com/composant.php .

Avez-vous essayé de vous promener dans les rayons avec la liste des substances pour décoder les étiquettes ? C’est une affaire de spécialiste qui savent lire entre les lignes. Dans ces conditions, il est très difficile voire impossible de contrôler précisément ce que l’on appliquera sur la peau au moment de l’achat.

Les labels dits écologiques pourraient théoriquement nous aider à y parvenir, mais la réalité n’est pas aussi évidente. Connaître le cahier des charges des chaque labels pour décoder les référentiels en complément du décodage des étiquettes, voici la seule alternative à une consommation responsable. Mais quels sont les labels dit écologiques dans l’univers des cosmétiques, je vous les présenterai dans l’article suivant.

Une réflexion au sujet de « Décodage des Etiquettes des Produits Cosmétiques, un exercice improbable ! »

  1. Merci pour cet article.
    Et oui, c’est un véritable casse-tête quand on veut vraiment se renseigner et comprendre ce que contiennent les produits même bio !
    Un vrai travail d’Hercule !
    Et puis il reste le fait maison (heureusement d’ailleurs) mais certains produits sont plus faciles à faire que d’autres…

    Encore merci et bonne continuation…

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