Pourquoi ? Comment ?

Créer ses produits « maison », naturels voire bio. Pourquoi ? Part 2.

Faut-il se méfier des molécules de synthèse ?

Nous abordons ici une question très complexe. Les recherches scientifiques livrent quelques explications mais de nombreuses questions concernant l’être humain reste en suspend.

Les produits que nous utilisons et que nous rejetons finissent tous dans la nature : les produits d’entretien lorsque l’on nettoie les wc, les produits d’hygiène lorsque l’on se rince la bouche après le brossage, jusqu’aux traces de médicaments que l’on retrouve dans les eaux. Le chemin est plus ou moins long et complexe mais une notion est fondamentale : la biodégradabilité des produits en question.

Après le nettoyage de notre maison, quelles traces laisse-t-on derrière nous ?

Les produits d’entretien se retrouve rapidement dans le milieu naturel après les systèmes d’assainissements, individuel ou collectif. Quelle différence y a-t-il entre un produit d’entretien conventionnel (issue de la chimie), un produit d’entretien naturel voire biologique.

Entre un produit chimique et un produit naturel ou entre un molécule synthétique ou une molécule naturelle, les phénomènes d’assimilation par le milieu sont identiques. La molécule de synthèse est scientifiquement identique à la molécule naturelle mais sa destruction par les bactéries contenu dans le sol est impossible. Dans les faits, les micro-organismes ne reconnaissent pas la molécule synthétique car elle ne s’oriente pas de la même façon à la lumière. Les molécules naturelles sont lévogyres, elles devient la lumière vers la gauche ; les molécules artificielles sont dextrogyres, elles dévient la lumière vers la droite. Cette particularité permet aux organismes de détecter les molécules et de déclencher le phénomène de biodégradabilité. Qui dit biodégradable, dit dégradable donc détruit par la nature. Une molécule synthétique n’est ni plus ni moins qu’un déchet, un polluant que reste dans le sol. On parle de substances rémanentes qui perturbent l’environnement dans lequel elle se trouve.

Le produit biologique est un produit naturel, donc biodégradable. Sa particularité réside dans son mode de production lui aussi respectueux de l’environnement. A la différence, un produit naturel qui peut polluer lors de sa production, sa transformation, son stockage, son acheminement, son conditionnement…

Voici schématiquement le phénomène de biodégradabilité qui se produit dans l’environnement.

Que se passe-t-il pour l’assimilation des molécules dans le corps humain ?

Les mécanismes sont beaucoup plus complexes pour le corps humain. Comme pour l’environnement, une molécule qui n’est pas assimilable n’est ni plus ni moins qu’un déchet, un polluant que nous devrons évacuer. Heureusement, l’organisme a naturellement des mécanismes pour cela mais encore faut-il que le corps ait la capacité de s’en débarrasser face aux innombrables agressions du monde contemporain… Imaginez toutes les substances que nous ingurgitons rien que dans les additifs alimentaires, la pollution de l’air et l’eau…

Les produits cosmétiques sont des produits que l’on utilise quotidiennement. Ils sont en relation directe avec notre organisme par la peau qui est le plus grand émetteur/récepteur de l’organisme humaine soit environ 2 m² pour un adulte. La peau joue le rôle de protecteur en limitant/régulant l’absorption et le rôle d’épurateur par sudation ou transpiration. Chaque fois que l’on applique un produit de beauté sur l’épiderme par exemple, on modifie ou inhibe son rôle à cet endroit. Certes, il ne s’agit que de produits qui doivent normalement rester actif en surface mais ce produit est appliqué au cœur de nos récepteurs cutanés. L’effet n’est donc jamais anodin. Surtout que la peau absorbe tous les composés plus ou moins rapidement puis ils passent dans le sang.

Dans ce contexte, il est préférable d’appliquer sur notre épiderme des molécules que l’organisme sait identifier afin de les métaboliser correctement et non de surcharger l’organisme en toxine.

Vous l’avez remarqué, notre organisme est vivant. Depuis la nuit des temps, il a appris à reconnaître et à assimiler les molécules naturelles. Les molécules artificielles sont déconnectés du monde du vivant. Plusieurs études ont mis en évidence que la molécule et/ou le principe actif déconnectés de son univers n’avait plus la même efficacité sur l’organisme. Pour les plantes ont parle du « totum moléculaire ». Il s’agit des substances secondaires qui composent cette dernière, elles aident à l’assimilation et renforcent l’efficacité du principe actif. La science moderne propose l’opposé, elle tente d’isoler le principe actif, de l’extraire voire de le synthétiser, le quantifier et en contrôler l’efficacité par la posologie. Du coup, il n’y a plus la même affinité avec la molécule naturelle isolée, encore moins avec une molécule synthétique. Des expériences ont mis en évidence que les produits naturels ont une meilleur absorption du point de vue cutanée.

Les labels sont-ils pertinents ?

Pour être sûr de ne pas ce faire du mal, il faut apprendre à décoder les étiquettes. Théoriquement les labels devraient nous permettre d’y voir un peu plus clair. Mais les exigences sont différentes entre chaque label et les labels sont nationaux. Deux référencements internationaux sont en cours d’émergence, les labels Cosmos-Standard et Na True. Pour de plus amples informations reportez-vous à l’article sur les labels. De plus, la cosmétique bio a des progrès à faire sachant que seulement 10% du poids du produit doit être d’origine biologique pour bénéficier du label bio. Cela signifie que 90% du poids du produit cosmétique peut être composé de substances autres : synthétiques et/ou naturelles porteuses de corps étrangers synthétiques.

Il me semble important à cet instant de faire un bref détour vers les nanotechnologies qui consiste à fabriquer des nanomatériaux qui sont intégrés dans notre vie de tous les jours pour leurs propriétés comme le nano-argent qui est un antibactérien. Ce monde nouveau de l’infiniment petit rend nos cellules vulnérables à tel point qu’elle ne peuvent pas lutter contre l’intrusion de ses nanomatériaux en raison de leur taille. Les mécanismes de défense de l’organisme sont hors jeu et aucun scientifique ne dit sur quelle type de pathologie cette intrusion peut déboucher . Les nanoparticules sont déjà reconnues pour être persistantes et s’accumulent dans l’organisme, toxiques et présenter la faculté de se mouvoir sans fin : stress oxydatif, production de radicaux libres, mutation et altération de l’ADN. Ces nouvelles technologies jouissent d’une absence de réglementation, aucune analyse du cycle de vie et le consommateur d’une désinformation totale. Quid du principe de précaution à notre époque où des laboratoires n’hésitent pas à trafiquer des résultats pour vendre leur poison.

Avez-vous entendu parlé de la cosmétovigilance ?

La cosmétovigilance est organisée par l’Afssaps, Agance Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé. Cet organisme public a pour vocation de recenser les effets indésirables des produits cosmétiques entre autre. Il liste les effets secondaires, les évalue et exploite ces informations dans un but informatif pour le consommateur et impose des actions correctives, en cas de nécessité. L’Afssaps a pour objet de rectifier tout manquement d’un professionnel concernant la mise sur le marché d’un produit cosmétique. Les effets indésirables peuvent apparaître bien des années après l’application du produit . Il existe une parade qui consiste à n’utiliser que des substances naturelles qui n’ont pas d’effets secondaires a contrario des molécules de synthèse.

Il est impératif de connaître l’origine des ingrédients naturels ou artificiels et lorsque la mention « naturel » ou « extrait d’un animal ou végétal » est absente, il faut comprendre que cet ingrédient est d’origine artificiel. Disposer, d’un principe actif naturel semble plus coûteux que son homologue artificiel. Les laboratoires jouent au petit chimiste mais il faut toujours trop de temps pour que la science accepte de se rendre compte que le naturel est plus efficace.

Connaissez-vous le règlement REACH ?

Le règlement REACH impose depuis le 1 juin 2007 l’enregistrement, l’évaluation et l’autorisation des produits chimiques dans l’E.U. Les principaux objectifs du règlement européen Reach sont de mieux protéger la santé humaine et l’environnement contre les risques que peuvent présenter les produits chimiques. Le règlement prévoit que les industriels ont la responsabilité d’évaluer les risques posés par les produits chimiques qu’ils utilisent ou mettent sur le marché et de fournir à leurs utilisateurs les informations nécessaires. L’enregistrement des substances est obligatoire auprès de l’Agence européenne des produits chimiques. C’est une révolution dans l’industrie des cosmétiques.

Je n’ai pas trouvé sur internet de ressources gratuites concernant un classement des substances chimiques. L’observatoire des cosmétiques édite un classement de 5447 formules et substances utilisées en cosmétiques selon 6 critères : formule, tolérance, sécurité, plaisir, étiquetage, prix. Sachant qu’un produit contient en 40 et 60 substances différentes que nous utilisons quotidiennement voire plusieurs fois pas jour, même si les quantités sont faibles, l’exposition à répétition n’est pas bénine.

Sans cette overdose de substances synthétiques, notre organisme ne connaîtrait probablement pas les nombreuses maladies de civilisation comme le cancer, les allergies pour ne citer que les plus évidentes. Plus grave encore, cette réflexion est transposable à l’univers des pesticides, des médicaments que nous consommons et rejetons dans l’eau… Bref tous les produits de la terre sont pollués à nous d’inverser cette tendance.

Alors pour éviter à votre corps de ne stocker trop de déchet dont votre système immunitaire ne sait que faire, je vous conseillerez de n’utiliser que des matières et substances naturelles voire biologiques pour protéger notre santé et celle d’autrui, pour ne pas altérer l’environnement. De plus l’agriculture biologique adopte généralement un principe de précaution concernant les produits qu’elle peut employer, c’est une garantie supplémentaire.

Personnellement, j’ai choisi cette voie que je souhaite partager lors de mes ateliers. De plus, les ingrédients que j’utilise pour mes recettes sont issus de produits comestibles pour les produits cosmétiques. L’organisme les connaît parfaitement, les administrer de différentes manières renforce leur efficacité. Pour les produits d’hygiène et d’entretien, je n’utilise que des substances naturelles.

Apprenez à dénicher, cultiver, transformer, conserver vos principes actifs naturels pour préserver votre santé. Comme nous l’avons abordé dans la première partie, vous réaliserez de sérieuses économies.